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Leçon 09 OFM IA

Réalisme et curation : garder deux images sur vingt

Les défauts qui tuent, les imperfections qui font vrai, le tri par lots et la retouche des yeux et des mains.

Publié le 14 septembre 2026 Mis à jour le 14 septembre 2026 4 sources

Un téléphone posé à plat affichant une photo dans un fil d’actualité, vu au format réel de lecture

Le réalisme ne s’obtient pas en générant mieux, il s’obtient en jetant plus. Cette leçon décrit la ligne exacte entre un défaut qui disqualifie une image et une imperfection qui la rend crédible, puis la méthode de tri qui transforme un lot en deux ou trois publications.

1. Deux familles de défauts, deux traitements opposés

Toutes les anomalies d’une image générée ne se valent pas, et les confondre coûte très cher. Une partie doit être éliminée sans discussion. Une autre doit être conservée, parce que c’est elle qui empêche l’image de ressembler à un rendu de synthèse.

  • Les défauts qui tuent sont ceux qu’un lecteur, même distrait, finit par voir : anatomie impossible, artefacts, tatouage qui bave, peau lisse. On les élimine par la curation, et on répare le reste par la retouche.
  • Les imperfections qui font vrai sont celles que produit un vrai appareil photo : grain, léger flou, asymétrie, pores visibles. On les garde, et parfois on les ajoute.

La perfection au pixel n’est pas un objectif : c’est la signature d’un rendu 3D, et c’est ce que l’œil identifie comme « pas une photo ».

2. Les défauts qui tuent, par ordre de gravité

Défauts éliminatoires et geste correspondant, méthode de ce site
Défaut Comment il se repère Décision
Membre ou objet dupliqué Trois mains, deux téléphones, une jambe en trop dans un repli de tissu Image jetée, quel que soit le reste
Main déformée Doigts fusionnés, six doigts, pouce du mauvais côté. Se repère en zoomant les mains, systématiquement Retouche possible sur une image par ailleurs excellente, sinon jetée
Regard vide Elle ne regarde ni l’objectif ni ce qu’elle fait Image jetée, le défaut ne se répare pas
Marque hors canon Tatouage, grain de beauté ou cicatrice qui n’est pas au canon du personnage Image jetée, même si elle est belle : c’est l’identité qui se joue
Texte en charabia Étiquette, écran, panneau lisible dans le cadre Retouche ou recadrage si le texte est secondaire, sinon jetée
Peau plastique Aucun pore, aucune asymétrie, éclairage parfaitement homogène Retouche pour réintroduire du grain, ou jetée si tout le lot est concerné
Vêtement illogique Veste à une manche, bretelle qui n’aboutit pas, deux pièces fusionnées Image jetée

Une règle opérationnelle résume la liste : zoomer les mains avant toute décision. C’est le contrôle qui écarte le plus d’images en le moins de temps, et c’est celui qu’on oublie quand on est content du reste.

3. Ce qui fait vrai, et qu’il ne faut surtout pas corriger

  • Le grain. Une photo prise en intérieur, le soir, a du bruit. Une image sans bruit a été fabriquée.
  • Le flou léger. Une zone hors mise au point, un mouvement de main légèrement traîné, un cadrage imparfait.
  • L’asymétrie. Un sourcil plus haut, une mèche qui dépasse, une épaule plus basse. Les visages réels ne sont pas symétriques.
  • Les pores et le relief de peau. Un visage lissé est immédiatement identifié comme synthétique, même au format d’un fil.
  • Le désordre. Ce que la leçon 07 appelle le désordre vécu : il survit au tri, il ne se nettoie pas.

4. Juger au format d’affichage, pas au zoom

C’est la règle qui fait gagner le plus de temps, et celle qui est la moins appliquée. Une image destinée à un fil sur téléphone se juge sur un téléphone, en faisant défiler, à la vitesse à laquelle une personne défile réellement. Pas à 400 % sur un écran d’ordinateur.

À l’échelle réelle, la grande majorité des défauts repérés au zoom sont invisibles. Et une vraie photo prise au téléphone, agrandie de la même façon, révélerait elle aussi des artefacts de compression, du bruit et des bords mous. Juger au zoom, c’est comparer une image générée à un idéal que la photographie elle-même n’atteint pas.

La conséquence pratique : deux passes, dans cet ordre. Une passe au format d’affichage, pour décider ce qui part et ce qui reste. Une seule passe au zoom ensuite, sur les images retenues, et uniquement sur les mains, les yeux, les marques du canon et les éventuels textes.

5. La méthode du lot : générer vingt, garder deux

Le rendement d’une production sérieuse est de l’ordre de dix pour cent. On ne génère pas une image, on génère un lot, et on en garde deux ou trois. Accepter ce chiffre change la façon de travailler : on arrête de s’acharner sur une image presque bonne, et on relance un lot.

  1. 01
    Générer le lot

    Vingt images sur la même scène écrite, avec la même identité. Pas vingt scènes différentes : vingt tentatives de la même scène.

  2. 02
    Première passe au format réel

    Sur téléphone, en défilant. On ne garde que ce qui accroche l’œil sans effort. Généralement quatre ou cinq images.

  3. 03
    Seconde passe au zoom

    Mains, yeux, marques du canon, textes. Il en reste deux ou trois.

  4. 04
    Retouche ciblée

    Yeux et mains sur les images gardées, avec un outil de détaillage. Rien d’autre.

  5. 05
    Variantes

    À partir des images validées seulement : tenue, lumière, cadrage. Voir la leçon 06.

Ce rendement a une conséquence directe sur le budget, chiffrée dans la leçon 08 : une image publiée coûte environ dix fois le prix unitaire d’une génération.

6. Le détaillage : deux zones, pas plus

Les outils d’agrandissement et de retouche assistée sont aujourd’hui vendus dans la plupart des plateformes, Krea, Runway et Higgsfield imprimant tous des fonctions d’agrandissement ou d’édition dans leurs pages publiques. La tentation est de tout repasser. C’est une erreur : chaque passe de retouche lisse un peu plus l’image et la rapproche du rendu synthétique.

Deux zones justifient une intervention, et seulement deux.

  • Les yeux. Reprendre l’iris et le reflet, sans augmenter la netteté du reste du visage.
  • Les mains. Corriger un doigt, une jointure, un ongle. Si la correction demande plus de deux gestes, l’image part.

La retouche finale, elle, doit rester légère : un réglage de contraste, une correction de température, un éventuel ajout de grain. Tout ce qui ressemble à un traitement de portrait professionnel travaille contre vous.

7. Le tri est d’abord un contrôle d’identité

Une image peut être parfaite techniquement et devoir être jetée quand même, parce qu’elle n’est pas le bon personnage. C’est le rôle le plus important de la curation, et le plus difficile à tenir : refuser une belle image.

Le critère est écrit à l’avance, dans le canon, et il ne se discute pas au cas par cas. Une marque en plus, une mâchoire qui a changé, une couleur d’yeux qui a glissé d’un ton : l’image sort. Une seule image hors canon publiée devient la référence à laquelle toutes les suivantes seront comparées, et la dérive s’installe.

Un contrôle simple rend ce tri mécanique : garder une planche de contact des dix dernières images publiées, et poser chaque candidate à côté. Ce qui détonne se voit en une seconde, alors que la même image, regardée seule, semblait parfaite.

Sources

Toutes vérifiées à la date indiquée. Les pages commerciales changent sans préavis.

  1. Krea, page de tarifs, fonctions d’agrandissement et d’édition · https://www.krea.ai/pricing · relevé le 14 septembre 2026
  2. Runway, page de tarifs, agrandissement 4K et outils d’édition · https://runwayml.com/pricing · relevé le 14 septembre 2026
  3. Higgsfield, navigation publique du site, fonctions Edit et Canvas · https://higgsfield.ai/pricing · relevé le 14 septembre 2026
  4. Replicate, page de tarifs, exécution de modèles à l’unité · https://replicate.com/pricing · relevé le 14 septembre 2026